
13 chansons. 19 minutes. Un homme. Du talent. Et une énergie folle qui permet à l’américain Dan Sartain de tenir une cadence infernale dans un brulot qui transpire les Ramones à grosses gouttes. L’air y est chaud et irrespirable, asthmatiques s’abstenir.
Trainant sa guitare dans les salles miteuses des Etats-Unis, Dan Sartain a commencé sa carrière en produisant lui-même ses premiers albums. Puisque personne ne voulait de lui, il allait se débrouiller tout seul. C’est finalement le label indépendant Swami Records qui s’intéressa à lui en premier, diffusant en 2005 le génial Dan Sartain vs Serpentes. Les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là pour le rockeur de l’Alabama : Jack White en personne le choisira comme première partie des White Stripes lors de leur tournée en 2008, produisant également un titre au passage.
Quelques années plus tard, alors que sort son sixième album, la gloire se fait toujours attendre. Too Tough To Live sera-t-il le disque qui propulsera enfin Dan Sartain vers un succès interplanétaire ? Probablement pas. Mais ce doit être le dernier de ces soucis.

Dan Sartain a la classe américaine. Pas celle qui vient avec le tapis rouge et le grand public. Non, celle qui fait écumer les bars avec plus de sincérité que n’importe quel artiste du top 50. Une allure rockabilly à la James Dean, une attitude de rebel without a cause. Et une âme DIY à la Jay Reatard.
“Fuck Friday. Fuck Saturday. Fuck Sunday. Fuck You. I don’t wanna do what you want me to.”
Aucune trace d’intellectualisation musicale sur Too Tough to Live. Pas l’ombre d’une expérimentation ; “Indian Massacre” est la seule chanson à dépasser les deux minutes – et de seulement deux secondes. Incisif, sauvage (mais romantique), Dan Sartain dans des textes cinglants et n’épargne personne (“Even at my worst I’m better than you”, “Bou Hou Hou”). Seule extravagance autorisée, une présence féminine : celle de Jane Wielden sur l’excellente “Now, Now, Now”. A l’image de l’album, pas besoin de faire long : Too Tough To Live, c’est 19 minutes de bonheur.
L’album est en écoute intégrale sur le requin du groove.